Projet janvier 2001 : Attaque du Ministère des Finances par
avion suicide radiocommandé.
Depuis deux ou trois ans, le Ministère des Finances était
une cible que je voulais traiter. Bercy, fascinant et provocant. C'est
la tête, le symbole, d'un des Ministères (sinon le premier
?) les plus importants du pays dans lequel je vis en ce moment.
Son architecture oscille entre un mélange de puissance, d'arrogance
et de Docteur No.
C'est le seul à Paris, à ma connaissance, à avoir
une partie de ses fondations ostensiblement plantées dans la
Seine. Quelque dizaine de mètres plus haut se trouvent théoriquement
les bureaux du Ministre se détachant et surplombant le fleuve.
Cette capsule exécutive semble donc éjectable du corps
massif et monstrueusement long du reste du bâtiment qui se poursuit
très loin perpendiculairement à la Seine (autre particularité)
pour rejoindre d'autres barres toutes aussi importantes.
L'ensemble du complexe n'est pas visible d'un seul point de vue. Il
passe au dessus de tout comme en lévitation (rues, trottoirs,
voies rapides, Seine) renforçant l'idée (avec une généralisation
des surplombs et des fossés à l'image des forteresses
du Moyen Age) qu'il est bien au dessus de tout.
L'architecte, communiste stalinien, m'a-t-on dit, a su comprendre,
apparemment, les attentes qu'avait une démocratie libérale
moderne pour son Ministère des Finances allant jusqu'à
couronner le porte avion citadelle par l'ajout d'une piste d'hélicoptère
et d'un petit port interne digne de tout bâtiment amiral (Enterprise).
J'avais de multiples solutions d'attaque mais aucune n'était
satisfaisante autant du point de vue technique que du point de vue
formel. L'utilisation de mes armes habituelles (lance-roquettes) contre
la capsule du bâtiment, malgré leurs précisions,
n'excluait pas le risque de dommages collatéraux, une voie
rapide passant en contre bas (j'ai toujours pensé d'ailleurs
qu'elle servait de bouclier humain).
La seule manière possible pour moi était une attaque
par avion suicide radio commandé.
Celui-ci aurait servi d'arme et de munition simultanément.
Le type d'avion que je devais utiliser faisait 2,5 m d'envergure pour
environ 8kg (ce qui malgré tout en faisait un projectile conséquent).
J'ai cherché un pilote pour ce projet mais mon offre a toujours
été déclinée.
Dans la production, il y avait donc à rajouter, en dehors de
l'achat de l'avion, ma propre formation de pilote. J'avais déjà
pris contact avec divers club d'aéromodélisme en banlieue
parisienne.
Ce projet n'a pu être réalisé pour deux raisons
:
- Le temps : difficulté pour rassembler la somme nécessaire,
complexité logistique de l'opération.
- Le 11 septembre 2001.
Philippe Meste, 2001.
|